La Junte de Roncal est le plus vieux traité d'Europe se célébrant chaque 13 juillet au col de La Pierre Saint-MartinLa Junte de Roncal est le plus vieux traité d'Europe se célébrant chaque 13 juillet au col de La Pierre Saint-Martin
©La Junte de Roncal est le plus vieux traité d'Europe se célébrant chaque 13 juillet au col de La Pierre Saint-Martin|OTHB

La Junte de Roncal

La dizaine de bergers de La Pierre Saint-Martin attend le 13 juillet avec impatience. Installés sur les hautes estives depuis quelques semaines déjà, ils seront au rendez-vous, il ne peut en être autrement. En béarnais on dit  « Era Junde » pour la Junte qui est la 1ère sortie de la saison estivale. Une occasion de s’accorder quelques heures de répit et se retrouver entre habitants de la vallée, dans un contexte festif.

La borne 262 a remplacé un mégalithe,

témoin d’un pastoralisme très ancien.

Car la Junte de Roncal, c’est avant tout une histoire de bergers, d’anciennes querelles entre les français et les espagnols portant sur l’usage des pâturages mais surtout des sources d’eau, si rares dans le massif calcaire de La Pierre Saint-Martin, mondialement connu pour ses nombreux gouffres.

Nous sommes le 13 juillet. Depuis bientôt 650 ans, la borne internationale 262, qui marque la frontière au Col de La Pierre Saint-Martin, célèbre un rendez-vous attendu, rendant fiers les 6 maires de la vallée de Barétous et les 6 de celle de Roncal, versant espagnol. Fiers d’être aujourd’hui unis, d’avoir fait la paix.

C’est d’ailleurs ce qu’ils se promettent à 3 reprises chaque 13 juillet depuis l’an 1 375 :

« Pax Avant ! Pax Avant ! Pax Avant ! » (La paix avant tout).

 

La Junte de Roncal,

ou Tribut des 3 vaches
  • DECOUVREZ L'HISTOIRE DE LA JUNTE DE RONCAL

    Il s’agirait d’un pacte conclu à la suite de querelles sur l’usage des pâturages et des sources d’eau, inexistantes à La Pierre Saint-Martin.

    Les estives de La Pierre Saint-Martin manquent d’eau, et la source la plus proche est celle du Pic d’Arlas, en territoire navarrais, d’où le besoin des Barétounais de traverser la frontière pour abreuver leurs bêtes, et les faire paître.

    C’est au Xe siècle que sont attestées les premières traces documentées de conflits pastoraux, en 1373. Mais l’existence du tribut remonte sans doute bien en avant. La sentence de 1375 expose que « les Barétounais avaient depuis longtemps l’habitude de donner trois vaches âgées de deux ans et sans défaut », explicitant de la sorte l’ancienneté de cette tradition. À l’origine de ce traité de 1375 (qui confirme l’obligation de paiement du tribut encore en vigueur actuellement) se trouvent les violents affrontements entre habitants des deux vallées, déclenchés au début des années 1370.

    En 1373, un berger barétounais d’Arette, Pierre Sansoler, et un berger roncalais d’Isaba, Pedro Carrica, se disputent l’utilisation de la source du Pic d’Arlas. Cette dispute dégénère et débouche sur l’assassinat du Béarnais par le Roncalais. Les conséquences de cette rixe s’avèrent dramatiques : les deux vallées s’enflamment, animées d’un esprit de vengeance, et se livrent à un affrontement meurtrier rythmé par des embuscades et autres tueries. Cette guerre se prolonge deux ans durant, jusqu’à ce que les souverains de Béarn, Gaston Fébus, et de Navarre, Charles II, s’en émeuvent et décident d’intervenir.

    Menés à Ansó (Aragon, Huesca), avec les évêques de Bayonne, Oloron, Jaca et Pampelune, les premiers pourparlers échouent. Les heurts se poursuivent, jusqu’à la bataille d’Aguinicea, qui s’achève par la déroute des Barétounais, et la mort de leur chef. Les négociations avec les Roncalais reprennent à l’initiative du curé d’Aramits, évitant ainsi que les Navarrais ne jettent leur dévolu sur leurs voisins béarnais affaiblis. Les délégués royaux et épiscopaux se réunissent à nouveau à Ansó en 1375. Ils estiment que les deux parties ont subi des dégâts comparables, et mettent fin à un conflit responsable de la mort de 300 personnes de chaque côté des Pyrénées, en délivrant une sentence le 13 octobre de cette année. Cette sentence, connue sous le nom de Compromis d’Ansó, contraint les Béarnais à continuer à verser le tribut. En échange, ces derniers sont autorisés à fréquenter les pacages frontaliers du Pic d’Arlas, durant vingt-huit jours consécutifs à compter du 10 juillet.

    *Longtemps, les Barétounais ont remis chaque 13 juillet 3 jeunes vaches sélectionnées le jour de l’évènement par un vétérinaire espagnol. Génisses « de 2 ans, sans tâche ni macule ».

    Pour faire perdurer la tradition, le vétérinaire sélectionne toujours les 3 génisses, et les autorités françaises remettent désormais un chèque de la valeur des bêtes, en échange duquel les bergers pourront empiéter sur le versant espagnol avec leurs brebis.

     

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